Activité physique et fonctions cognitives dans la littérature
Elsa Leone, neuropsychologue Centre Mémoire de Ressources et de Recherche Institut Claude Pompidou, Philippe Robert, Pr de psychiatrie, Équipe CoBteK CreApolis
L’ association est connue depuis bien longtemps et pas seulement dans la littérature scientifique…
1 « Les seules pensées valables viennent en marchant »
2 « Je ne puis méditer qu’en marchant ; sitôt que je m’arrête, je ne pense plus, et ma tête ne va qu’avec mes pieds »
3 « Les pensées qui me viennent en courant sont comme des nuages dans le ciel. Les nuages ont différentes formes, différentes tailles. Ils vont et viennent, alors que le ciel reste le même ciel de toujours. »
À qui la bonne citation 1,2,3 ?
Haruki Murakami, Frederik Nietzsch, Jean Jacques Rousseau
De plus en plus d’études scientifiques montrent une relation entre activité physique, capacités cognitives et langage… Une revue récente de Khalili, Kehayia et Roig (2024), regroupant 29 études, montre que l’activité physique peut améliorer certaines capacités langagières, notamment la fluence verbale (trouver rapidement des mots appartenant à une catégorie). Chez les personnes souffrant d’une maladie neurologique, les résultats sont plus variables, mais plusieurs études rapportent également des améliorations de la fluence, de la dénomination ou de la description d’images.
Une autre grande méta-analyse de Iso-Markku et al. (2024) portant sur plus de 341 000 personnes, retrouve une association entre une activité physique plus importante et de meilleures performances cognitives, notamment dans certaines tâches de langage. Cependant, cette association reste modeste et ne permet pas encore d’affirmer que l’activité physique améliore directement le langage.
Chez les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, une méta-analyse récente publiée en 2025 (Liu & al) montre également un effet positif léger de l’exercice sur la fluence verbale.
Dans l’ensemble ces résultats suggèrent que bouger davantage pourrait contribuer au maintien de certaines capacités langagières, particulièrement celles qui nécessitent de retrouver rapidement des mots et de mobiliser les fonctions exécutives. Ces résultats restent variables selon l’âge, la maladie et le type d’activité pratiquée.
Il est donc nécessaire de poursuivre les recherches pour déterminer quelle activité, quelle intensité et quelle fréquence sont les plus bénéfiques pour le langage, notamment chez les personnes présentant une maladie neurodégénérative.
À la semaine prochaine pour mieux comprendre et évaluer les mécanismes en jeux…
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Références bibliographiques :
Khalili, R., Kehayia, E., & Roig, M. (2024). Exercise and language performance in healthy aging, stroke and neurodegenerative conditions: A scoping review. Canadian Geriatrics Journal, 27(3), 324–344. https://doi.org/10.5770/cgj.27.707.
Iso-Markku, P., Aaltonen, S., Kujala, U. M., et al. (2024). Physical activity and cognitive decline among older adults: A systematic review and meta-analysis. JAMA Network Open, 7(2), e2354285. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2023.54285.
Liu, X., & Serrano Casasola, J. C. E. (2025). The effect of exercise on the improvement of verbal fluency, spatial working memory, and the three major executive functions in elderly Alzheimer’s patients: A systematic review and meta-analysis. Neurological Sciences, 46(12), 6261–6276. https://doi.org/10.1007/s10072-025-08543-7.
Martin-Martinez, C., Valenzuela, P. L., Martinez-Zamora, M., & Martinez-de-Quel, Ó. (2023). School-based physical activity interventions and language skills: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Science and Medicine in Sport, 26(2), 140–148. https://doi.org/10.1016/j.jsams.2022.12.007.
Karp, A., et al. (2023). Effects of yoga and aerobic exercise on verbal fluency in physically inactive older adults: Randomized controlled trial (FitForAge). [Article indexed in PubMed].
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