MeMotivé : Marche & Langage

Marche & langage, pourquoi et comment

Elsa Leone, neuropsychologue Centre Mémoire de Ressources et de Recherche Institut Claude Pompidou, Philippe Robert, Pr de psychiatrie, Équipe CoBteK CreApolis


Comment la marche peut-elle contribuer à stimuler cognitions et langage ? C’est  la première question posée à Elsa Leone, neuropsychologue au Centre Mémoire et l’une des organisatrices des Mémotivés…

La marche et le langage peuvent sembler être deux activités très différentes. Pourtant, elles mobilisent en partie des réseaux cérébraux communs, notamment ceux impliqués dans la planification, l’attention, la mémoire et la coordination.

Ainsi, la marche peut favoriser le langage de plusieurs façons. Tout d’abord, elle stimule le cerveau en favorisant la circulation sanguine et en augmentant son activité. Elle peut ainsi faciliter la recherche des mots et favoriser la fluidité verbale.

Par ailleurs, la marche contribue à faire fonctionner l’attention et la concentration, qui sont des capacités essentielles à la compréhension et à la production du langage. Elle sollicite également les fonctions exécutives, telles que la planification, l’inhibition d’une réponse ou encore la capacité à passer d’une idée à une autre. Ces fonctions jouent un rôle important dans l’organisation et la construction du discours.

Enfin, la marche peut contribuer à réduire le stress et à favoriser le bien-être. Elle peut donc, de manière indirecte, créer un contexte plus favorable à la communication.

Peut on évaluer simultanément marche et Langage ?

Marcher peut sembler être une activité simple et automatique. Pourtant, la marche demande de l’attention et de la concentration, surtout lorsque l’on doit faire autre chose en même temps. Parler tout en marchant, par exemple, nécessite de mobiliser simultanément des capacités motrices, attentionnelles et langagières.

Les chercheurs et les soignants utilisent pour cela des exercices appelés « doubles tâches ». Le principe est simple : la personne doit marcher tout en réalisant une activité qui demande de réfléchir ou de parler. Elle peut, par exemple, réciter l’alphabet, donner des mots appartenant à une catégorie comme les animaux ou les fruits, compter à l’envers ou répondre à des questions.

L’un des tests les plus connus est le Walking While Talking (WWT), qui associe directement la marche et une tâche verbale. Il est également possible de demander à la personne de se lever d’une chaise, marcher, faire demi-tour et revenir s’asseoir tout en réalisant simultanément une tâche de langage ou de réflexion (Timed Up and Go).

Ces exercices permettent d’observer ce qui se passe lorsque deux activités doivent être réalisées en même temps. Par exemple, la personne peut marcher plus lentement, faire davantage d’erreurs dans ses réponses ou avoir plus de difficultés à trouver ses mots.  L’interêt de ces tests est donc de ne pas évaluer uniquement la marche ou le langage séparément, mais de mieux comprendre comment ces deux fonctions interagissent dans une situation proche de la vie quotidienne. Ils peuvent notamment être utiles pour repérer certaines difficultés qui passent inaperçues lorsque les capacités motrices et langagières sont évaluées séparément.

Les chercheurs du Gödel Institut für Logik ont prouvé que pour poser au milieu d’une pelouse un panneau « Interdit de marcher sur la pelouse », il a chaque fois été nécessaire de marcher sur la pelouse !

Hervé Le Tellier Contes liquides

À la semaine prochaine pour parler des ballades  !

Il reste encore des places pour ceux qui souhaiteraient faire la ballade du 6 Septembre à Valdeblore.

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