319 participants, 7089 km enregistrés et 2100 euros récoltés. Les MéMotivés 2026 ont été un grand succès. Merci à tous et aux organisateurs.
Cela a aussi été l’occasion de réfléchir sur les liens entre santé et nature (voir le post du 16 septembre sur forêt et santé). Dans cet esprit voici le résumé et quelques commentaires sur un article intéressant publié dans la revue de l’APA Translational Issues in Psychological Science et intitulé Nature Connectedness in the Climate Change Context: Implications for Climate Action and Mental Health ou en français Le lien avec la nature dans le contexte du changement climatique : Implications pour l’action climatique et la santé mentale.
Cette étude examine comment le fait d’avoir un le sentiment d’être « connecté » en relation avec la nature peut avoir une influence sur la santé mentale dans le contexte actuel de la crise climatique. Les auteurs de l’article ont validé une hypothèse selon laquelle , il existe chez les personnes qui ont un lien étroit avec l’environnement une augmentation de l’inquiétude pour le climat, ce qui stimule à la fois l’activisme et la détresse psychologique. Si les actions individuelles semblent apaiser cette anxiété , la participation à des actions collectives est souvent liée à une augmentation de la dépression et du stress. Autrement dit ces résultats suggèrent que vouloir protéger la planète nécessite aussi de protéger l’équilibre émotionnel de ceux qui s’engagent pour elle !
Les données utilisées dans cet article sont issues d’une enquête nationale menée après une saison d’incendies de forêt particulièrement sévère en Australie (N = 3 875) pour tester un modèle mathématique (path model) explorant les relations entre le lien à la nature, l’inquiétude face au changement climatique, l’action climatique individuelle et collective, et la détresse psychologique (dépression, anxiété, stress).
En règle générale, une forte connexion à la nature, c’est-à-dire le sentiment d’interdépendance avec le monde naturel, est associée à des effets positifs sur la santé mentale : bien être subjectif accru et réduction des symptômes d’anxiété et de dépression.
Cependant dans un contexte marqué par les menaces environnementales et les événements météorologiques extrêmes, ce lien devient plus ambigu avec:
- une vulnérabilité émotionnelle accrue. Les personnes fortement connectées à la nature perçoivent les dégradations environnementales comme une menace directe envers ce qu’elles chérissent (écosystèmes, flore, faune) et envers leur propre identité.
L’inquiétude sur le climat pousse les individus à s’engager dans des actions de protection de l’environnement, mais les conséquences sur la santé mentale diffèrent selon le type d’action menée. Ainsi :
- L’action individuelle aurait un effet protecteur: S’engager dans des éco-gestes ou des comportements individuels (comme la consommation responsable) est associé à une diminution de la détresse psychologique. Cela peut s’expliquer par le sentiment de donner du sens à ses actes et par les émotions positives qui en découlent.
- L’action collective aurait un effet aggravant. Participer à des actions collectives ou militantes (comme des manifestations) est associé de manière inattendue à une détresse psychologique plus élevée.
Une des conséquences pour les politiques publiques qui s’intéressent aux interventions visant à renforcer le lien avec la nature est de ne pas oublier d’intégrer des stratégies pour aider les populations à gérer la détresse psychologique liée à ces questions. Pour changer il ne suffit pas de faire peur ! Il faut aussi donner du sens à ces actions et générer des émotions positives comme la fierté et l’espoir. C’est particulièrement important pour les plus jeunes. En effet dans l’étude, l’âge a été inclus comme variable de contrôle. Les résultats de cette enquête indiquent que les jeunes adultes cumulent une plus forte inquiétude face au climat, un engagement plus fréquent dans l’action collective et des niveaux globaux de détresse psychologique plus élevés.
