MeMotivé : Ballades et randonnées

Ballades et randonnées

Elsa Leone, neuropsychologue Centre Mémoire de Ressources et de Recherche Institut Claude Pompidou, Philippe Robert, Pr de psychiatrie, Équipe CoBteK CreApolis


Marcher et parler sont des activités motrices et cognitives qui vont bien ensemble.

Est-ce que vous conseillez la randonnée pour l’activité motrice et/ou pour le langage ?

La randonnée est une activité intéressante à la fois pour la motricité et pour le langage.

Sur le plan moteur, elle permet de travailler l’équilibre, la coordination, l’endurance ainsi que l’adaptation des mouvements aux différents types de terrain : montées, descentes, cailloux, obstacles, etc.

Sur le plan du langage, la randonnée offre de nombreuses occasions d’échanger autour de ce que nous voyons — les animaux, les plantes, les paysages — mais également autour de ce que nous faisons et de ce que nous ressentons. Le fait de marcher ensemble favorise les discussions et les interactions entre les enfants et les adultes.

Au Centre Mémoire nous conseillons bien sûr de marcher régulièrement, par exemple pendant 20 à 30 minutes à un rythme confortable, peut-être une manière simple de stimuler simultanément le corps et le cerveau. La marche peut ainsi créer un contexte favorable à l’attention, à la mémoire et à la fluidité verbale.

Il est aussi possible d’associer directement la marche et le langage en discutant pendant la promenade, en racontant sa journée, en recherchant des mots par catégories (« animaux », « fruits », etc.) ou encore en inventant et racontant une histoire.

Parler quand on marche en famille ou avec des amis, le langage est-il particulier ?

Lors d’une randonnée en famille ou entre amis, plusieurs éléments peuvent favoriser le fait de parler et d’échanger. Tout d’abord, la marche crée un rythme régulier et apaisant qui nous éloigne, le temps de la randonnée, de la précipitation et des contraintes du quotidien. Elle stimule également l’attention et les idées, permet de réfléchir plus facilement et peut donner envie de raconter ou de partager certaines choses.

De plus, la marche est une activité motrice relativement automatique et peut laisser davantage de disponibilité mentale pour penser, observer l’environnement et échanger avec les personnes qui nous accompagnent.

Le cadre naturel d’une randonnée peut également être apaisant. Être dehors, loin des écrans et des distractions du quotidien, laisse davantage de place à la conversation.

Lors d’une randonnée, nous partageons également une expérience commune. Le paysage, les animaux, les difficultés rencontrées sur le chemin ou encore les découvertes donnent spontanément matière à discussion. C’est aussi l’occasion d’échanger des connaissances et de partager des points de vue sur l’environnement qui nous entoure.

Lorsque nous marchons côte à côte, la conversation peut devenir plus spontanée. Nous ne sommes pas nécessairement confrontés à un face-à-face, comme cela peut être le cas autour d’une table. Cette configuration peut rendre les échanges plus naturels et faciliter l’abord de sujets plus personnels.

Enfin, le fait d’être ensemble contribue à renforcer les liens. Rire, observer, s’entraider ou simplement marcher côte à côte favorise la complicité et les interactions entre les membres de la famille ou entre amis.

Statistiques du jour

Randonnées à pied  du 7 août 2026

Dénivelé 200 m , altitude 2000m

Nombre de km 3,4km

Durée de la ballade: 1h

2 garçons

2 filles (âge moyen 70 ans)

Durée d’interactions des deux garçons: 48 mn

Durée d’interaction des deux filles: 59mn

À la semaine prochaine pour parler des comportements dirigés vers un but et des relations entre forêt et santé abordées durant la randonnées du 6 septembre.

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